Compulsions alimentaires et perte de poids : comprendre les mécanismes physiologiques pour agir à la source avec une micronutritionniste
- Caroline Deherve
- 23 janv.
- 5 min de lecture

Les compulsions alimentaires sont souvent perçues comme un manque de volonté ou un problème de comportement. Pourtant, dans la majorité des cas, elles sont l’expression d’un déséquilibre physiologique ou métabolique.
Envies irrépressibles de sucre, grignotages incontrôlables, pertes de contrôle alimentaires, surtout en fin de journée ou le soir : ces épisodes ne surviennent pas par hasard. Ils traduisent un signal que le corps envoie, et qu’il est essentiel de comprendre pour pouvoir agir durablement.
En tant que micronutritionniste, l’objectif n’est pas de supprimer les compulsions par la restriction, mais de remonter à leur origine physiologique.
Que sont réellement les compulsions alimentaires ?
Une compulsion alimentaire se caractérise par :
une envie soudaine et intense de manger
une difficulté, voire une impossibilité, à s’arrêter
souvent une préférence pour des aliments sucrés ou gras
un sentiment de perte de contrôle
Contrairement à une simple gourmandise, la compulsion n’est pas choisie. Elle survient fréquemment dans des contextes précis : fatigue, stress, hypoglycémie, émotions difficiles, cycles hormonaux particuliers.
Les compulsions sont rarement « uniquement psychologiques ». Elles sont très souvent le reflet d’un déséquilibre interne.
Compulsions alimentaires et équilibre de la glycémie
L’un des mécanismes les plus fréquemment impliqués dans les compulsions alimentaires est le déséquilibre de la glycémie.
Lorsque la glycémie fluctue fortement :
le cerveau perçoit un manque d’énergie
il déclenche une envie urgente de sucre
la compulsion devient une réponse de survie
Tant que la régulation glycémique n’est pas stabilisée, il est très difficile de « lutter » contre les compulsions par la seule volonté, car elles sont une réponse automatique du corps à un besoin.
Le rôle des neurotransmetteurs : sérotonine et dopamine
Les compulsions alimentaires sont également étroitement liées au fonctionnement cérébral, notamment à certains neurotransmetteurs.
La sérotonine, impliquée dans la régulation de l’humeur (irritabilité, rumination,..), du sommeil et de la satiété, joue un rôle clé. Un déséquilibre de cette voie peut favoriser :
les envies de sucre et de gras
les compulsions en fin de journée
les comportements alimentaires apaisants
La dopamine, associée au plaisir et à la motivation, intervient aussi dans la recherche alimentaire compulsive, ainsi que dans la motivation pour la perte de poids.
Là encore, agir uniquement sur le comportement sans comprendre ces mécanismes conduit souvent à l’échec.
Stress, cortisol et compulsions alimentaires
Le stress chronique est un facteur majeur des compulsions alimentaires.
Lorsque le cortisol est élevé ou mal régulé :
la glycémie est perturbée
l’appétit peut augmenter
l’attirance pour les aliments réconfortants s’intensifie
le risque de résistance l'insuline est augmenté
Beaucoup de compulsions surviennent :
le soir
après une journée stressante
dans un contexte de fatigue mentale
Comprendre le lien entre stress, cortisol et alimentation est indispensable pour sortir du cercle vicieux des compulsions.
Compulsions alimentaires et hormones féminines
Chez de nombreuses femmes, les compulsions alimentaires sont étroitement liées aux fluctuations hormonales. Cycle menstruel, période prémenstruelle, périménopause ou troubles hormonaux chroniques peuvent fortement influencer l’appétit, les envies alimentaires et la perte de contrôle.
Comprendre ces mécanismes permet d’agir de façon plus ciblée, plutôt que de lutter contre des symptômes incompris.
Compulsions prémenstruelles et SPM
Les compulsions alimentaires sont très fréquentes en phase prémenstruelle. Cette période est marquée par une baisse relative de la progestérone et une dominance des œstrogènes chez certaines femmes.
Ce déséquilibre œstro-progestatif peut entraîner :
une augmentation des envies de sucre
une diminution de la satiété
une recherche d’aliments réconfortants
une aggravation du SPM
Les œstrogènes influencent directement :
la régulation de la glycémie
les neurotransmetteurs impliqués dans l’humeur
la sensibilité au stress
Lorsque cet équilibre est perturbé, le corps peut utiliser la compulsion alimentaire comme un moyen de compensation physiologique.
Ce déséquilibre n’est pas une fatalité. Il est possible de le travailler en comprenant son origine : fonctionnement du cycle, métabolisme hormonal, rôle du foie, stress, digestion…Ces mécanismes sont variables d’une femme à l’autre et nécessitent une analyse personnalisée.
Compulsions en périménopause
La périménopause est une période de fortes fluctuations hormonales, souvent marquée par :
une baisse progressive de la progestérone
des variations importantes des œstrogènes
une sensibilité accrue à l’hypoglycémie et au stress
De nombreuses femmes rapportent l’apparition ou l’aggravation de compulsions alimentaires à cette période, parfois sans changement alimentaire apparent.
Là encore, les compulsions ne sont pas liées à un manque de volonté, mais à une adaptation physiologique de l’organisme à un nouveau contexte hormonal.
Une prise en charge adaptée peut permettre de mieux comprendre ces changements et de limiter leur impact sur le comportement alimentaire.
Résistance à l’insuline et compulsions alimentaires
La résistance à l’insuline est un mécanisme central dans certaines compulsions alimentaires, en particulier lorsqu’elles concernent le sucre.
Lorsque les cellules répondent moins bien à l’insuline :
le glucose pénètre moins efficacement dans les cellules
le cerveau perçoit un manque d’énergie
les envies alimentaires augmentent, parfois de façon urgente
Ce mécanisme peut favoriser :
des fringales fréquentes
des compulsions sucrées
une fatigue post-prandiale
des variations de poids
Chez la femme, la résistance à l’insuline est souvent associée à :
des troubles hormonaux
le SOPK
des cycles irréguliers
une accumulation de masse grasse abdominale
Ce mécanisme ne se corrige pas par la restriction, qui tend au contraire à aggraver les déséquilibres métaboliques. Il nécessite une lecture globale du métabolisme, tenant compte de l’alimentation, du stress, du rythme de vie et du terrain hormonal.
Pourquoi les régimes aggravent souvent les compulsions
La restriction alimentaire, volontaire ou non, est l’un des principaux facteurs aggravants des compulsions.
En imposant :
un déficit énergétique
des interdits alimentaires
une culpabilisation
le corps entre en mode survie, ce qui favorise encore plus les comportements compulsifs.
Sortir des compulsions ne passe pas par plus de contrôle, mais par une meilleure compréhension du fonctionnement physiologique.
Agir à la source : une approche personnalisée
Il n’existe pas une cause unique aux compulsions alimentaires. Elles peuvent résulter d’une combinaison de facteurs :
glycémie instable
stress chronique
déséquilibres neurochimiques
fatigue
troubles hormonaux
terrain métabolique spécifique
C’est pourquoi une approche micronutritionnelle vise à :
identifier les mécanismes dominants chez chaque personne
comprendre le contexte d’apparition des compulsions
proposer une prise en charge individualisée
Sans protocole universel, ni solution miracle.
Conclusion : les compulsions sont un message du corps
Les compulsions alimentaires ne sont pas un échec personnel. Elles sont un signal physiologique indiquant que quelque chose est déséquilibré.
Tant que la cause n’est pas identifiée, les symptômes persistent. En revanche, lorsqu’on comprend pourquoi le corps réclame, il devient possible d’agir à la source et de retrouver une relation plus apaisée avec l’alimentation.
Envie d’aller plus loin ?
Chaque histoire de compulsions alimentaires est différente. Comprendre leur origine nécessite une analyse globale : métabolique, hormonale, nutritionnelle et liée au mode de vie.
Si vous souffrez de compulsions alimentaires, de troubles métaboliques, de variations de poids, de fatigue ou de déséquilibres hormonaux, un accompagnement personnalisé peut vous aider à identifier les causes et à agir durablement.
La prise de rendez-vous permet d’analyser votre situation dans sa globalité et de construire une prise en charge adaptée, sans restriction inutile et sans culpabilisation.


