Endométriose : comprendre les mécanismes pour mieux soulager les douleurs - par une micronutritionniste
- Caroline Deherve
- 21 janv.
- 4 min de lecture

L’endométriose est une pathologie gynécologique chronique complexe qui touche environ une femme sur dix. Longtemps associée à l’idée de douleurs systématiquement intenses et invalidantes, elle se manifeste en réalité de façon très variable d’une femme à l’autre.
Certaines patientes présentent des douleurs très marquées, d’autres des symptômes plus diffus, parfois uniquement digestifs, hormonaux ou liés à la fatigue. Cette variabilité souligne un point essentiel : l’endométriose n’est pas une maladie uniforme, et sa prise en charge ne peut pas être standardisée.
En tant que micronutritionniste, l’objectif n’est pas de promettre une disparition totale des symptômes, mais de comprendre les mécanismes biologiques à l’origine des douleurs (déséquilibre hormonal, inflammation digestive et microbiote, détoxification du foie, stress et cortisol, inflammation chronique,..) afin de proposer un suivi parfaitement adapté à la personne en question.
Qu’est-ce que l’endométriose ?
L’endométriose se définit par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de la cavité utérine. Ces lésions peuvent se localiser au niveau des ovaires, du péritoine, des ligaments utérins, mais aussi parfois du système digestif ou urinaire.
Ces tissus réagissent aux variations hormonales du cycle menstruel et peuvent générer :
une inflammation locale
des réactions douloureuses
des troubles digestifs
des déséquilibres hormonaux
une fatigue persistante
Il est important de souligner que l’intensité des douleurs n’est pas toujours proportionnelle à l’étendue des lésions. Certaines femmes très douloureuses présentent peu de lésions visibles, tandis que d’autres, avec une endométriose étendue, ressentent peu de douleur.
Endométriose et troubles hormonaux
L’endométriose est étroitement liée aux troubles hormonaux, en particulier à l’équilibre entre les œstrogènes et la progestérone.
Les lésions d’endométriose ont la capacité de :
répondre aux œstrogènes
mais aussi d’en produire localement
Cela crée un environnement hormonal spécifique qui peut entretenir l’inflammation et les douleurs, même lorsque les dosages hormonaux sanguins semblent « normaux ».
L’enjeu n’est donc pas uniquement de bloquer les hormones, mais de comprendre comment l’organisme les produit, les transforme et les régule, en tenant compte de l’histoire hormonale, du cycle, du SPM éventuel ou d’associations fréquentes comme le SOPK.
Le rôle du foie dans l’équilibre hormonal
Le foie joue un rôle central dans la gestion des hormones, et notamment dans le métabolisme et l’élimination des œstrogènes.
Il intervient également dans la neutralisation :
des perturbateurs endocriniens
des xéno-œstrogènes
des pestrogènes environnementaux
Lorsque ces mécanismes sont perturbés, les œstrogènes peuvent être insuffisamment éliminés et continuer à agir sur les tissus sensibles, contribuant aux troubles hormonaux et aux symptômes associés à l’endométriose.
Le fonctionnement hépatique dépend de nombreux paramètres individuels, qui doivent être évalués de façon personnalisée.
Digestion, microbiote et endométriose
La digestion est un pilier souvent sous-estimé dans l’endométriose.
Le système digestif intervient dans :
la modulation de l’inflammation
l’élimination hormonale
la communication avec le système immunitaire
Chez de nombreuses femmes atteintes d’endométriose, on observe des troubles digestifs associés : ballonnements, transit irrégulier, constipation inconfort abdominal, hypersensibilités alimentaires.
Ces déséquilibres digestifs influencent la perception de la douleur, l’inflammation globale et la régulation hormonale. C’est pourquoi l’approche micronutritionnelle s’intéresse toujours au fonctionnement digestif dans sa globalité, sans appliquer de règles alimentaires universelles.
Inflammation chronique et douleur
L’endométriose est une maladie à composante inflammatoire. L’inflammation n’est pas uniquement locale : elle peut devenir systémique, impactant l’ensemble de l’organisme.
Cette inflammation est influencée par :
l’environnement hormonal
l’alimentation
le stress
la digestion
l’état micronutritionnel
Comprendre ce qui entretient l’inflammation chez une personne donnée permet souvent de diminuer l’intensité et la fréquence des douleurs, sans chercher à les masquer.
Fatigue, stress et cortisol
La fatigue chronique est un symptôme très fréquent chez les femmes souffrant d’endométriose, même en dehors des périodes douloureuses.
Elle peut être liée à :
l’inflammation persistante
la charge hormonale
le stress chronique
une dérégulation du cortisol
Le cortisol, hormone clé de l’adaptation au stress, influence directement :
l’équilibre hormonal
l’inflammation
la digestion
la perception de la douleur
Une prise en charge globale prend donc en compte le rythme de vie, la charge mentale et les capacités d’adaptation de l’organisme, au-delà des seuls symptômes gynécologiques.
Micronutrition et individualisation
Certaines femmes atteintes d’endométriose présentent des déséquilibres micronutritionnels, qui peuvent influencer la douleur, la fatigue ou la gestion hormonale.
Cependant, il n’existe aucune liste universelle de compléments ou de carences à corriger systématiquement. Chaque situation nécessite une analyse individualisée, basée sur les symptômes, le mode de vie et le terrain métabolique.
C’est précisément cette personnalisation qui permet d’éviter les approches approximatives ou contre-productives.
Peut-on diminuer les douleurs de l'endométriose sans pilule ?
La pilule contraceptive peut être utile dans certains cas, mais elle ne permet pas toujours d’agir sur les mécanismes profonds de l’endométriose.
En identifiant :
les déséquilibres hormonaux spécifiques
les facteurs inflammatoires
le rôle de la digestion
l’impact du stress et du cortisol
Il est possible, chez certaines femmes, de diminuer significativement les douleurs, même lorsque celles-ci ne sont pas initialement très intenses, et parfois sans recours systématique à un traitement hormonal.
Conclusion : comprendre les mécanismes de l'endométriose avant d’agir
L’endométriose n’est pas définie uniquement par l’intensité de la douleur. C’est une pathologie multifactorielle qui demande une compréhension fine et personnalisée des mécanismes en jeu.
L’approche en micronutrition ne consiste pas à appliquer des conseils généraux trouvés en ligne, mais à identifier les causes spécifiques à chaque personne pour proposer un accompagnement ciblé, cohérent et évolutif.
Envie d’une prise en charge personnalisée ?
Chaque femme vit l’endométriose différemment. C’est pourquoi une approche individualisée est essentielle pour comprendre pourquoi les symptômes sont présents chez vous, et comment les atténuer durablement.
Si vous souffrez d’endométriose, de troubles hormonaux, de SPM, de SOPK, de fatigue chronique ou de douleurs persistantes, un accompagnement micronutritionnel personnalisé peut vous aider à faire le lien entre vos symptômes et leur origine.
La prise de rendez-vous permet d’analyser votre situation dans sa globalité et de construire une prise en charge adaptée à votre corps, à votre rythme et à vos objectifs.


